SourceQuand ChatGPT se fait damer le pion par l’Atari 2600. Comment une IA de pointe perd aux échecs contre une machine vintage de 1977.
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En bref :
- ChatGPT a perdu aux échecs contre une Atari 2600 réglée au niveau débutant.
- Le match révèle les limites d’une IA généraliste face à une IA spécialisée.
- L’épisode rappelle que la haute technologie n’est pas toujours synonyme d’invincibilité.
Facile ! » promettait ChatGPT avant de défier l’Atari 2600 ; vingt coups plus tard, l’IA cherchait la touche « undo ».
C’est une scène que personne n’aurait imaginée : ChatGPT, l’intelligence artificielle conversationnelle d’OpenAI, vient de perdre une partie d’échecs contre une console Atari 2600 datant de 1977. Cette console de jeu vidéo, dotée à l’époque d’un modeste processeur 8-bit à 1,19 MHz et de seulement 128 octets de RAM, a pourtant suffi à mettre en difficulté puis à battre l’IA ultra-moderne dans un duel au sommet… ou plutôt au fond du classement.
L’anecdote a de quoi faire sourire, mais elle soulève aussi des questions sur les limites et la nature de l’intelligence artificielle, même en 2025.
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Le duel improbable
L’initiative de ce match insolite revient à Robert Caruso, un ingénieur de chez Citrix et passionné de rétro-gaming. Lors d’une conversation en ligne avec ChatGPT sur l’histoire de l’IA aux échecs, le chatbot lui-même s’est proposé de jouer contre l’Atari 2600, disant vouloir rapidement vaincre ce programme rudimentaire. Intrigué, Caruso a donc organisé la rencontre en faisant fonctionner Atari Video Chess (un jeu sorti en 1979 sur la console Atari) via un émulateur, et en laissant ChatGPT jouer en décrivant ses coups en texte. L’Atari a été réglée en mode débutant – son niveau le plus facile – dans ce duel a priori déséquilibré.
Les premiers coups laissent vite entrevoir que quelque chose ne tourne pas rond du côté de l’IA. Alors que le programme vintage suit simplement ses algorithmes rudimentaires, ChatGPT commence à accumuler les bévues. Caruso raconte que ChatGPT « s’est fait complètement laminer au niveau débutant », ratant des opportunités et commettant des erreurs grossières. Malgré une configuration initiale où l’on avait fourni à l’IA un échiquier de référence pour qu’elle reconnaisse les pièces, le chatbot a confondu la tour et le fou, a manqué des fourchettes (attaques doubles) de pions évidentes, et a sans cesse perdu de vue l’emplacement de ses pièces sur l’échiquier.
Une intelligence artificielle mise en échec
Décontenancé par ses propres erreurs, ChatGPT a même tenté d’excuser ses mauvais coups en rejetant la faute sur l’interface du jeu. Il a affirmé que les icônes pixelisées de l’Atari étaient « trop abstraites pour être reconnues ». Pour lui donner toutes ses chances, Caruso a alors remplacé l’affichage par des notations échiquéennes classiques (par exemple « Cavalier en f3 ») au lieu des petits symboles à l’écran. Hélas, même dans ce format plus clair, la performance de ChatGPT n’a guère été meilleure. Pendant près d’une heure et demie, l’ingénieur a dû intervenir constamment : il a arrêté l’IA avant qu’elle ne joue des coups illégaux, corrigé sa compréhension du plateau à presque chaque tour, et rappelé quelles pièces avaient été capturées. Le chatbot, obstiné mais dépassé, assurait régulièrement qu’il gagnerait « si on pouvait juste recommencer la partie à zéro ».
Au bout de 90 minutes de jeu chaotique, la sentence est tombée : ChatGPT a dû concéder la défaite et abandonner la partie, incapable de mater même un adversaire aussi limité. L’Atari 2600, de son côté, a déroulé son jeu sans état d’âme – « pas de modèle de langage, pas de fioritures, juste du calcul exhaustif et l’entêtement de 1977 » résume ironiquement Caruso. Pour conclure sur une note d’humour, l’ingénieur a paraphrasé le slogan publicitaire d’Atari : « As-tu déjà joué à Atari aujourd’hui ? ChatGPT, lui, préfère ne plus jamais retenter l’expérience ».
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Quand le passé remet l’IA à sa place
Cette anecdote a vite fait le tour de la communauté des joueurs et des technophiles. Beaucoup y voient un rappel salutaire : malgré son aura quasi-magique, ChatGPT reste avant tout un modèle de langage prédictif, pas un cerveau universel bon à tout faire. Il n’a ni « yeux » pour voir l’échiquier, ni algorithme interne pour calculer les coups légaux – il se contente de deviner des coups plausibles à partir du texte. En face, l’antique Atari possède une IA spécialisée dans le jeu d’échecs, certes très frustre, mais taillée sur mesure pour respecter les règles et exploiter la moindre erreur de l’adversaire. Dans un domaine aux règles strictes comme les échecs, cette spécialisation l’emporte sur la puissance de généralisation de ChatGPT.
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La morale de cette histoire ? Même une IA sophistiquée peut être mise en échec par une technologie vieille de 50 ans lorsque celle-ci est spécialement conçue pour la tâche. L’évolution de l’intelligence artificielle n’est pas un long fleuve tranquille : chaque système a ses points forts et ses faiblesses. Comme l’a souligné Caruso, c’est une piqûre de rappel qu’une IA généraliste n’est jamais invincible face à une IA spécialisée, si modeste soit-elle. Comme quoi, dans la jungle numérique, le dinosaure peut encore croquer le cyborg – et ça, c’est mat !
[INFO] Aux échecs, le dino a croqué le robot. Atari 1, ChatGPT 0
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[INFO] Aux échecs, le dino a croqué le robot. Atari 1, ChatGPT 0
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